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Ce blog est un espace de lecture et d'écriture,
de création et d'échange,
autour de la poésie moderne,
de Rimbaud aux contemporains.
Il est l'oeuvre des élèves de la Première L1
du Lycée de l'Iroise à Brest.
(Oeuvre d'Ernest Pignon-Ernest : http://www.pignon-ernest.com/)
"J'ai tendu des cordes de clocher à clocher,
des guirlandes de fenêtre à fenêtre,
des chaînes d'or d'étoile à étoile,
et je danse"
(Arthur Rimbaud, Illuminations, "Phrases II")
règle utilisée : S+7
substituez à chaque substantif le 7ème qui suit dans le dictionnaire
Petit stock d'armes pour livre de guerre
*.
15 bombinettes,
3 mixeurs Vickers,
8 pervenches au soleil,
16 moustaches,
200 fusions,
2 cannonières,
5 pitbulls,
fusibles éclairants,
148 poils et
200 baisers.
Mon poème préféré de ce recueil est Numéro de rois car c'est un poème très original.
On n'en rencontre pas souvent, ce qui nous plaît la plupart du temps !

http://accel10.mettre-put-idata.over-blog.com/1/38/87/45/Les-recueils-Voix-d-Aujourd-hu/espitallier-guerre.jpg

D'abord, un grand merci à vous pour cette attention particulière portée à l'un de mes livres : Comme un
secret ninja et tout le travail que vous avez fait à partir de ma petite littérature.
J'aime beaucoup la formule "Casanova nostalgique"... bien qu'elle ne corresponde pas du tout à ce que je suis (je mène en dehors de mes activités d'écrivain
une vie sans éclat - j'ai perdu mon emploi de journaliste culturel que j'ai pratiqué avec succès durant trente-cinq ans, je reste correcteur de presse dans un hebdomadaire familial le jour et
plongeur de restaurant la nuit).
Il faut que je précise tout de suite que ma petite littérature n'a rien d'autobiographique (hormis, de-ci, de-là, quelques souvenirs dûment réorganisés) et qu'elle s'inspire de ce que tout un chacun peut trouver dans les médias. Aux personnages tirés du réel, j'ajoute des personnages de fiction : les seconds parviennent rarement à égaler les premier en cruauté et stupidité. Ce sont ces personnages qui parlent. Moi, je leur ai tendu mon micro et du matériau obtenu, j'ai tiré des textes qui, en dépit des apparences, font sens (ou plutôt nonsense : le nonsense n'est pas une absence de sens, c'est, entre autres, de la logique poussée jusqu'à l'absurde - ce n'est pas artificiel, notre "civilisation" produit massivement du nonsense). Comme il peut y avoir plusieurs sens dans un texte, on peut dire que c'est polysémique. Comme il y a plusieurs voix, on peut dire que c'est polyphonique. Les propos qui font l'essentiel de me textes sont assez idiots et si vous avez trouvé qu'ils sont drôles, c'est que je n'ai pas complètement raté mon coup. Peut-être y aurez-vous perçu aussi la dimension satirique, burlesque parfois. S'il y a un thème récurrent, chez moi, c'est bien celui de la bêtise multiforme et triomphante (je suis bien sûr aussi crétin que la majorité des gens sauf que je suis un crétin malheureux de l'être et qu'à travers mes textes, c'est ma propre bêtise que je traque, dénonce).
Ce qu'il faut absolument savoir, c'est que Ninja a été écrit parallèlement à la composition de trois livres de "longues proses" au contenu très dur, très noir, en prise directe avec le "cauchemar de l'Histoire" (ça va de la Deuxième Guerre mondiale aux derniers attentats terroristes) : L'Année de la dernière chance, Le Privilège du fou, Sur les ruines de l'Europe (publiés aux Carnets du Dessert de Lune en 2004, 2005 et 2006). Ninja aura été une suite de récréations pour moi. Il est arrivé que certains poèmes de Ninja soient des variations comiques de séquences effrayantes que j'écrivais pour les livres de longues proses. On retrouve ici et là l'une ou l'autre même phrase.
J'aurai cette comparaison simple : Ninja, c'est un peu comme les mélodies légères, espiègles, pétillantes des yéyés de la première moitié des années 1960 et les longues proses ça sonne comme du heavy metal, avec des tendances gothiques (ce n'est pas un hasard si je cite dans mon dernier ouvrage, La Vie est un cheval mort, des groupes rock tels que les Cramps ou Marilyn Manson).
Vous avez bien noté la constance de l'humour. Mais il y a l'ironie, aussi. L'humour, c'est quand je suis résigné au triste sort de l'humanité. L'ironie, c'est quand je critique de façon mordante la danse sur le volcan où notre monde est entraîné. Vous pouvez me qualifier de pessimiste souriant, moqueur. Mettons que je blague pour ne pas désespérer tout à fait (ce n'est pas parce que j'ai 60 ans - un croulant comme on disait quand j'avais 15 ans - j'avais déjà le même regard - moins informé, certes - sur le monde - à 15 ans, justement).
Le titre Comme un secret ninja est énigmatique pour vous? Je pense que l'énigme est indispensable en poésie : un poème (ou une prose poétique) doit résister aux multiples lectures, garder une part secrète, sinon c'est un produit jetable, du fast food littéraire. Le titre est une invitation à s'interroger. Y a-t-il une réponse définitive ? Pas sûr. Qu'est-ce que ça peut bien être, un secret de ninja ? En tous cas, le titre ne promet pas de vous éclairer. Sinon, j'aurais écrit : "Un secret ninja"... et là, j'aurais été forcé d'être explicite. Ici, c'est "Comme..." C'est vague. Le lecteur est libre d'imaginer.
Même si vous voyez dans mes textes et poèmes des choses que je n'ai pas pensées comme vous, c'est bien. Une fois qu'il est écrit, qu'il est publié, le livre appartient à celui qui le lit. L'auteur, lui, continue d'avancer, d'explorer des territoires inconnus : il est sur d'autres textes, d'autres poèmes. Ecrire, c'est découvrir avant le lecteur.
Ceci encore : dans le Japon féodal, les guerriers ninja s'introduisaient nuitamment dans le château assiégé, neutralisaient la garde et ouvraient les portes à l'armée assaillante. Leur tâche étant dès lors accomplie, ils se retiraient discrètement du combat.
Bon, là, j'ai été extraordinairement bavard.
J'espère vous avoir apporté des éclaircissements qui vous satisferont.
Si vous avez encore des questions, je suis bien sûr à votre disposition.
Très cordialement.
DANIEL FANO
Clé
*
Qu'elle ne doute de mon amour
celle qui dansait
juste après la marée.
celle qui,
à l'emplacement
de son pied,
laissa sur le sable
l'empreinte d'une clé.
J'aime ce poème car le je trouve très visuel, mais en même temps mystérieux avec l'idée de l'empreinte d'une clé, et donc de secret.
Bonjour,
Classe : Première L1 du lycée de l'Iroise, place de Strasbourg, 29200 Brest.
Effectif : 24 élèves dont Sonny Boy Williamson, Elmer Hollopeter, les Rolling Stones, Jim Morrison, Janis Joplin, le docteur Simenon, Tiffany Hopkins, Françoise Hardy et Annie Sprinkle.
Maître à penser : Le sage MLB...
Objectif : Être acteurs de nos vies
Une brève présentation de notre classe qui, dans le cadre du projet « Voix-d'aujourd'hui » visant à faire partager la poésie entre divers lycées et collèges du Finistère, a eu le plaisir de
livre votre recueil Comme un secret Ninja. Depuis le début de l'année scolaire, nous tenons un blog autour de la poésie où nous nous exerçons à contracter, dilater, observer,
substituer, imiter, relever, cadavre exquiser, centonner, questionner... vos poèmes ainsi que ceux de huit autres poètes :
http://voix-iroise.over-blog.com
Tout au long de l'année nous avons tenté de clamer la poésie, genre quelque peu délaissé, à tort bien évidemment. Nous avons rencontré des poètes, organisé une manifestation poétique (http://voix-iroise.over-blog.com/categorie-10287511.html) et dévoilé notre projet lors de la
rencontre inter-établissements « Voix d' aujourdhui »...
Comme nous vous le disions précédemment, nous avons étudié Comme un secret Ninja (si vous pouviez d'ailleurs nous éclairer sur ce titre énigmatique...) où la légèreté, l'absurde et
tellement d'autres choses encore paraissent être des petites taches de peinture venant enrichir une toile de fond tantôt humoristique, tantôt touchante. Une foule d'images connues, venues de la
vie quotidienne, parcourent vos poèmes avec toujours cet humour imparable qui fait rire autant qu'il peut émouvoir. A ce titre, la poésie, pour vous, doit elle être légère, absurde et amusante ?
La beauté étant alors présente dans le décalage entre le sujet traité et l’image inattendue...
Voici quelques articles sur votre poésie qui sont parus sur notre blog à partir de votre recueil. Nous aimerions qu'à votre tour vous donniez votre avis sur vos poèmes, comment les
définiriez-vous ? Quels mots y associer ?
Quelques définitions de votre poésie :
"La poésie de Daniel Fano, ce sont les soupirs poétiques d'un Casanova nostalgique."
« La poésie de Daniel Fano se résume en un mot, l'imaginaire... Sa poésie c'est se laisser transporter et ne pas chercher de sens car ca ne serait plus pareil. C’est un mélange de mots dont on connaît tous la définition mais qui, assemblés ne veulent plus rien dire. »
D'autre part on remarque dans votre recueil la récurrence de noms de célébrités, s’exerçant dans des domaines divers et variés. Est-ce une de vos principales sources d'inspiration et
correspondent-ils à votre vécu, à des souvenirs ? Est-ce à dire que seule la musique ou encore le cinéma (on observe d’ailleurs des gouts très éclectiques en la matière ! ) restent ancrés dans la
mémoire ? A ce propos, quels sont les autres thèmes, auteurs ou artistes qui vous inspirent ?
Si l'on devait associer cinq mots à votre recueil :
absurde
simplicité
quotidien
anecdotes
instant
Comme un secret Ninja a été une source d'inspiration
fructueuse pour notre classe et nous vous offrons ces pastiches, cadavres exquis, substitutions, dilatations et autres exercices de réécriture aux noms barbares, en guise de remerciement pour
votre poésie et pour avoir accepté de prendre contact avec 24 amoureux de la poésie.
Saurez-vous retrouver à quoi correspondent ces textes ?
Miluvi té
Aussi rare que l’eau d’un désert
Et d’un regard bleu très amer.
Il fut un temps, où je ne savais plus.
J’ai appris un jour,
A écouter le chant des oiseaux.
Mais une seule idée ; mourir
Et toujours le même sourire …
Plus tard
A l'heure où la blancheur de l'océan
On voit la neige noire qui oublie sa robe de mousseline
le brouillard diaphane danse dans la caresse des perles exotiques de la nuit.
Tous les poètes ne sont pas morts,
il faut juste les réveiller !!!
D'autres articles à découvrir en pièces jointes et sur http://voix-iroise.over-blog.com/categorie-10237962.html ...
En grande admiration avec votre poésie :
Au revoir, en attendant impatiemment votre réponse.
Amicalement, poétiquement et tout ce qui va avec...
La classe de 1ère L1 du lycée de l'Iroise
*
"Et l'on comprend
vraiment,
qu'il ne s'est rien passé"

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