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Ce blog est un espace de lecture et d'écriture, 
de création et d'échange, 
autour de la poésie moderne,
de Rimbaud aux contemporains.
Il est l'oeuvre des élèves de la Première L1 2007-2008
du Lycée de l'Iroise à Brest. 


rimbaud-par-ernestpignonernest-1.jpg (Oeuvre d'Ernest Pignon-Ernest : http://www.pignon-ernest.com/
)


"J'ai tendu des cordes de clocher à clocher,
des guirlandes de fenêtre à fenêtre,
des chaînes d'or d'étoile à étoile, 
et je danse"

 (Arthur Rimbaud, Illuminations, "Phrases II")


Vendredi 30 mai 2008 5 30 /05 /Mai /2008 17:42

Ce matin

je jongle avec les étoiles
je suis joyeux.

                                                        l'instant d'après 
                                                        
                                                       
brouillard dans la tête
                                                        faire silence
                                                        autour d'elle
                                                        rester immobile

et puis

nous ne dirons plus rien





                                il n'y a pas de
mot pour ça




Pour Haïdrun





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Vendredi 30 mai 2008 5 30 /05 /Mai /2008 15:14

Oser vivre
on le sait bien c'est dur
C'est
s'oublier un instant.
source

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Vendredi 30 mai 2008 5 30 /05 /Mai /2008 07:32
Le poète Pierre Tanguy, auteur du recueil Haïku du sentier de montagne, a répondu à la lettre que les Premières L1 de l'Iroise lui avaient adressée.





Il remercie d'abord Marianne de l'avoir associé à une citation de Jean-Pierre Siméon ("Chaque chose la plus banale a sa part de mystère à découvrir") et à une phrase d'André du Bouchet ("La poésie n'est qu'une certaine forme d'étonnement"), qui conviennent particulièrement bien selon lui à la forme poétique qu'est le haïku.




A la question sur le lien entre le haïku et la montagne, Pierre Tanguy répond en soulignant combien "le corps s'allège (au sens métaphysique du mot) quand on est sur les hauteurs" : "Les grands créateurs japonais de haïku ont beaucoup décrit la montagne" qui est "le lieu de l'élévation spirituelle" et le haïku est "précisément à même de rendre compte de cette légèreté et de ce "désencombrement" de l'individu."





A la question sur ses goûts, Pierre Tanguy répond en évoquant plusieurs poètes qu'il aime particulièrement...

Philippe JACCOTTET qui, dans son livre De la poésie, a déclaré sa passion du haïku, sa préférence pour une poésie qui soit la "traduction d'une émotion", qui ne soit plus alourdie "d'éloquence", "d'images", "d'explication", "de syntaxe"...



René-Guy CADOU, poète de Loire-Atlantique, instituteur, mort jeune, qui concevait ainsi la poésie : "Qu'il soit permis d'écrire que toute poésie ne deviendra audible qu'en revenant à une simplicité, une pureté, une identité, somme toute élémentaires."

Gustave ROUD, un auteur suisse méconnu : "une poésie en prose, proche de la nature et de son pays natal."

A la question sur ses influences, Pierre TANGUY répond : "quand j'ai commencé à écrire, j'étais très influencé par des auteurs bretons, qui me montraient que la poésie pouvait être simple et concrète, tout en abordant des questions essentielles", par exemple Paol KEINEG et Xavier GRALL.




Interrogé sur le devenir de la poésie, Pierre TANGUY exprime sa confiance : "la poésie a de beaux jours devant elle, car elle nous ramène aux enjeux fondamentaux de notre existence (comme le font les très beaux romans) et constitue un langage de rupture dans le verbiage dominant et le tohu-bohu médiatique." D'ailleurs la poésie "prendra des formes nouvelles dont on voit déjà les prémices" : le slam, les haïku qui au Japon se diffusent par les téléphones portables, internet...


Et de conclure par ces voeux adressés aux lycéens de l'Iroise :


"Bonne chance pour vos examens.
Gardez le goût de la littérature."



Pour lire la lettre dans son intégralité, cliquer ICI




Post-scriptum
(pour Tifenn... )







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Jeudi 29 mai 2008 4 29 /05 /Mai /2008 18:59
Le rêve de bismarck ( Fantaisie )

" C'est le soir. Sous sa tente, pleine de silence et de rêve, Bismarck, un doigt sur la carte de France, médite ; de son immense pipe s'échappe un filet bleu.

Bismarck médite. Son petit index crochu chemine, sur le vélin, du Rhin à la Moselle, de la Moselle à la Seine ; de l'ongle il a rayé imperceptiblement le papier autour de Strasbourg ; il passe outre.

À Sarrebruck, à Wissembourg, à Woerth, à Sedan, il tressaille, le petit doigt crochu : il caresse Nancy, égratigne Bitche et Phalsbourg, raie Metz, trace sur les frontières de petites lignes brisées et s'arrête…

Triomphant, Bismarck a couvert de son index l'Alsace et la Lorraine ! Oh ! sous son crâne jaune, quels délires d'avare ! Quels délicieux nuages de fumée répand sa pipe bienheureuse !


**

Bismarck médite, Tiens ! un gros point noir semble arrêter l'index frétillant. C'est Paris.

Donc, le petit ongle mauvais, de rayer, de rayer le papier, de ci, de là, avec rage, enfin, de s'arrêter… Le doigt reste là, moitié plié, immobile.

Paris Paris ! Puis, le bonhomme a tant rêvé l'œil ouvert que, doucement, la somnolence s'empare de lui : son front se penche vers le papier ; machinalement, le fourneau de sa pipe, échappée à ses lèvres, s'abat sur le vilain point noir…

Hi ! povero ! en abandonnant sa pauvre tête, son nez, le nez de M. Otto de Bismarck, s'est plongé dans le fourneau ardent. Hi ! povero ! va povero ! dans le fourneau incandescent de la pipe… hi ! povero ! Son index était sur Paris ! Fini, le rêve glorieux !


**

Le rêve de bismarck (Fantaisie)
Il était si fin, si spirituel, si heureux, ce nez de vieux premier diplomate !

Cachez, cachez ce nez !

Eh bien ! mon cher, quand, pour partager la choucroute royale, vous rentrerez au palais (…) avec des crimes de… dame (…) dans l'histoire, vous porterez éternellement votre nez carbonisé entre vos yeux stupides !

Voilà ! Fallait pas rêvasser !"

Jean Baudry "



Article paru dans « le Progrès des Ardennes » du 25 novembre 1870)

Presque 138 ans après sa parution dans Le Progrès des Ardennes un texte de Rimbaud a été retrouvé par un cinéaste belge, Patrick Taliercio. Celui-ci voulait faire un documentaire sur le poète et en farfouillant chez un bouquiniste a découvert un numéro du Progrès des Ardennes usé et ébréché. En feuilletant le journal, il a découvert un article daté du 25 novembre 1870 signé par Jean Baudry, pseudonymes qu'il apprendra plus tard, être utilisé par Rimbaud du temps où il rêvait de devenir journaliste.

    Avant d'être découvert, cet article a parcouru de nombreux salons littéraires, car son ancien propriétaire (le bouquiniste ) souhaitait se débarrasser des numéros du quotidien "Le Progrès des Ardennes " en sa possession. Des milliers de personnes on certainement vu ses journaux sans s'y interesser alors qu'il renfermait l'une des nombreuses oeuvres d'un des plus grands poètes de la littérature Française.



« On savait (par son ami Delahaye) que Rimbaud avait écrit un texte sur Bismarck sous ce pseudonyme et qu’il l’avait proposé au Progrès. Mais a priori personne ne savait qu’il avait effectivement été publié… »


Publié dans : Présentations - Actualités - Par Paul & Tifenn
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Jeudi 29 mai 2008 4 29 /05 /Mai /2008 17:13

Les Premières L1 de l'Iroise ont adressé une lettre au poète Pierre Tanguy, auteur du recueil Haïku de sentier de montagne.





Ils l'ont remercié pour l'attention bienveillante qu'il a porté à leur travail sur
le blog Voix-Iroise.






Ils lui ont aussi posé quelques questions : la légèreté du haïku ne correspond-elle pas à la sensation que l'on éprouve dans les hautes altitudes de la montagne ? quels poètes lisez-vous ? vous inspirez-vous de poètes ou de romanciers ? quels sont vos auteurs préférés ? quel avenir voyez-vous pour la poésie ? pensez-vous que l'on puisse encore renouveler le genre poétique ?





Pour lire la lettre dans son intégralité, cliquer
ICI.


Publié dans : Pierre TANGUY - Par Première L1
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Jeudi 29 mai 2008 4 29 /05 /Mai /2008 15:57
Dans un extrait du poème KEN AVO:

Ce combat que mime le couple
Isolé sur la grand'terre
Avec les étoiles sur le dos 
Ce coeur à coeur entre l'homme et la femme
Toute pensée suspendue
Au lustre de l'immensi
Toute affaire aux calendes
Toute ambition aux orties
Tout orgueil au lendemain
Toute digni dans le vent
Tout esprit suspendu
Au lustre de la frénésie
On se mange on se rend grâce

On observe dans ce passage une anaphore de tout(e) qui permet au poète d'insister sur l'idée de "combat" permanent entre l'homme et la femme. De plus, l'allitération en [t] crée une impression de gravité qui illustre les tensions d'un couple.
Publié dans : Poètes divers - Par Emmanuelle
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Jeudi 29 mai 2008 4 29 /05 /Mai /2008 12:00



Dehors la nuit me parle bas
Et je sens tomber ses pétales
Sur tous les bonheurs inconnus.
J'ai regardé jusqu'au vertige.


photo personnelle
Publié dans : Poètes divers - Par Marianne
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Jeudi 29 mai 2008 4 29 /05 /Mai /2008 09:59
Complainte du lézard amoureux

N'égraine pas le tournesol,
Tes cyprés auraient de la peine
Chardonneret, reprends ton vol
Et reviens à ton nid de laine.

Tu n'es pas un caillou du ciel
Pour que le vent te tienne quitte,
Oiseau rural, l'arc-en-ciel
S'unifie dans la marguerite.

L'homme fusille, cache-toi;
Le tournesol est son complice.
Seules les herbes sont pour toi,
Les herbes des champs qui se plissent.

Le serpent ne te connaît pas,
Et la sauterelle est bougonne;
La taupe, elle, n'y voit rien;
Le papillon ne hait personne

Il est midi, chardonneret.
Le séneçon est là qui brille.
Attarde-toi, va, sans danger :
L'homme est rentré dans sa famille !

L'écho de ce pays est sûr.
J'observe, je suis bon prophète;
Je vois tout de mon petit mur,
Même tituber la chouette.

Qui, mieux qu'un lézard amoureux,
Peut dire les secrets terrestres ?
Ô léger gentil roi des cieux,
Que n'as-tu ton nid dans ma pierre!

Orgon, août 1947.

René Char

Selon moi, ce poème évoque clairement la Seconde Guerre Mondiale, dans laquelle René Char fut l'une des figures de la résistance intelectuelle française.En effet, à travers la vie d'un lézard l'auteur évoque: la fin de la guerre (v.20-21), la lassitude de la haine (v.16) et de la violence (v.9). Enfin, l'auteur exprime son envie par rapport à la position du lézard qui passe à côté de toutes ces horreurs, comme le démontre le dernier vers.

Ainsi ce poème pourrait être contracté de cette manière:


Complainte du lézard qui nageait dans la mer noire

L'homme fusille cache-toi
Le papillon ne hait personne

Attarde-toi, va sans danger.
L'homme est rentré dans sa famille !

Je vois tout de mon petit mur

Que n'as-tu ton nid dans ma pierre !

août '47
Publié dans : Poètes divers - Par Paul
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Mercredi 28 mai 2008 3 28 /05 /Mai /2008 15:01

source
J'aimerais vivre au lendemain

       là où l'on vit
      vraiment

Publié dans : Poètes divers - Par Emmanuelle
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Mercredi 28 mai 2008 3 28 /05 /Mai /2008 14:06

Le mardi 27 mai 2008,
les Premières L1 du lycée de l'Iroise
se sont rendus à la Petite librairie à Brest.



Ils ont tenté d'y assouvir leur soif de poésie...





Chacun en est reparti avec un recueil de son choix.
Voici les livres retenus...



 


Marc

RAYMOND FEDERMAN : Future concentration


Agathe B

JACQUES POULAIN : Salut à ceux qui vivent

 

 




Yoann

GEORGES PERROS : Papiers collés II





Paul

LORD BYRON : Poèmes


 





Emmanuelle

BERNARD FRIOT : Pour vivre






Perrine

DAVID DUMORTIER : Mehdi met du rouge à lèvres

 


Aziliz

CHRISTOPHE HARDY : La poésie japonaise



Hoel

ALLEN GINSBERG : Howl







 

MARINE C

ALAIN SERRES : Encore un coquelicot

 





Tifenn

BERNARD FRIOT : Pour vivre




Yann

GEORGES PERROS : Papiers collés



Romain

JACQUES VANDENSCHRICK : Traversant les assombries




 

Marine D

JULIA SAENSEN : Segments de plomberie aléatoire






Tiphaine

JEAN-CLAUDE DUBOIS : Leurs adorables








Anthéa

RACHID KORAÏCHI : La poésie algérienne







Agathe P

JORGE LUIS BORGES : Treize poèmes






Marion

CARLA DEMIERRE : Avec ou sans la langue ?








Marianne

FRANCIS RICARD : En un seul souffle






Morgane


MICHEL LUNEAU : Transmission de pensées

 


 

Etienne

ALLAIN GLYKOS : Les lécheurs de pierres




Celine

JACQUES BOREL : Ombres et dieux







Les blogueurs de VOIX-IROISE
remercient la Petite Librairie pour son accueil.
A bientôt.





Publié dans : Présentations - Actualités - Par Première L1
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Mercredi 28 mai 2008 3 28 /05 /Mai /2008 12:49
J'allais retrouver une femme
Bientôt ma femme
Comment se faire à ce ma femme
Je n'y arriverai jamais
L'épicière me demande
Comment va votre femme
Et je me retourne pour voir
S'il y a un mari derrière moi
Je ne me sens propriétaire de rien
Quelle drôle d'idée
Se croire maître de quoi
De qui que ce soit.

(Extrait de KEN AVO, un poème du recueil Poèmes bleus publié en 1962 par Georges PERROS).
Publié dans : Poètes divers - Par Emmanuelle
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Mercredi 28 mai 2008 3 28 /05 /Mai /2008 10:59
Sur la nappe d'un étang glacé

Je t'aime,
Hiver aux graines belliqueuses.
Maintenant ton image luit
Là où son coeur s'est penché.

René Char


Justesse, Toxique, Chaleur, Contraste, Vie
Publié dans : Poètes divers - Par Paul
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Mercredi 28 mai 2008 3 28 /05 /Mai /2008 08:00



                                                      Tu coules doucement
                                       à travers les jardins
                                              Tu te tais.
  
                                     
                                      
                                        Je ne viendrai pas.

Publié dans : Linda Maria BAROS - Par Agathe P
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Mercredi 28 mai 2008 3 28 /05 /Mai /2008 00:00
L' imperfection est la cime

Il y avait ce qui fallait détruire et détruire et détruire,
Il y avait que le salut n'est qu' à ce prix.

Ruiner la face nue qui monte dans le marbre,
Marteler toute forme toute beauté

Aimer la perfection parce qu' elle est le seuil
Mais la nier sitôt connue, l'oublier morte,


L' imperfection est la cime.
Publié dans : Poètes divers - Par yann
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Mardi 27 mai 2008 2 27 /05 /Mai /2008 19:14



*


La poésie de Linda Maria Baros, c'est une invitation à aller au délà du seuil, à  se ballader  et explorer chaque partie d'un "nous" interieur comme les pièces de la maison en lames de rasoir.

 

Publié dans : Linda Maria BAROS - Par Tifenn
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