Rimbaud Lecture

Lundi 3 décembre 2007
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Conte

     Un Prince était vexé de ne s'être employé jamais qu'à la perfection des générosités vulgaires. Il prévoyait d'étonnantes révolutions de l'amour, et soupçonnait ses femmes de pouvoir mieux que cette complaisance agrémentée de ciel et de luxe. Il voulait voir la vérité, l'heure du désir et de la satisfaction essentiels. Que ce fût ou non une aberration de piété, il voulut. Il possédait au moins un assez large pouvoir humain.
     Toutes les femmes qui l'avaient connu furent assassinées. Quel saccage du jardin de la beauté! Sous le sabre, elles le bénirent. Il n'en commanda point de nouvelles. − Les femmes réapparurent.
     Il tua tous ceux qui le suivaient, après la chasse ou les libations. − Tous le suivaient.
     Il s'amusa à égorger les bêtes de luxe. Il fit flamber les palais. Il se ruait sur les gens et les taillait en pièces. −La foule, les toits d'or, les belles bêtes existaient encore.
     Peut-on s'extasier dans la destruction, se rajeunir par la cruauté! Le peuple ne murmura pas. Personne n'offrit le concours de ses vues.
     Un soir il galopait fièrement. Un Génie apparut, d'une beauté ineffable, inavouable même. De sa physionomie et de son maintien ressortait la promesse d'un amour multiple et complexe! d'un bonheur indicible, insupportable même! Le Prince et le Génie s'anéantirent probablement dans la santé essentielle. Comment n'auraient-ils pas pu en mourir? Ensemble donc ils moururent.
     Mais ce Prince décéda, dans son palais, à un âge ordinaire. Le prince était le Génie. Le Génie était le Prince.
     La musique savante manque à notre désir.

 

 



Voici le commentaire réalisé collectivement 
par les Premières L1 de l'Iroise à Brest 


I- UN CONTE PARODIQUE : 


A- RESSEMBLANCES AVEC UN CONTE
 


 
= Rimbaud ici reprend des éléments caractéristiques du conte : cf le titre, la structure narrative, le temps des verbes, le champ lexical du merveilleux, les personnages caractéristiques, la morale finale... 


- DEBUT :
La construction syntaxique des premières phrases fait penser au début des contes, au « il était une fois ». (Hoël)

- THEMES : Le champ lexical de la féérie est présent dans ce poème. On y trouve des personnages comme un prince (1, 17) ou un Génie, caractéristique des contes de fées, celui-ci exauce les voeux et il est généralement représenté sortant d'une lampe magique. Ici le Prince fait peut-être le voeu d'aimer comme le montre « la promesse d'un amour multiple et complexe », le voeu d'être heureux, de connaître « un bonheur indicible », et pour finir le voeu d'être à son tour Génie, réalisé lors du chiasme des lignes 16-17. (Marion)

- MERVEILLEUX : Dans ce monde féérique, les femmes se transforment en fleurs grâce à la métaphore du « jardin de la beauté » 6 (fanny)

- MYTHE : On peut rapprocher l'histoire du mythe de Narcisse, un homme d'une beauté incroyable, qui un jour repoussa et insulta violemment une femme muette qui était folle amoureuse de lui. Elle se vengea en inventant un stratagème pour qu'il voie son reflet. Lors d'une promenade à cheval, il s'arrêta près d'une fontaine. Il s'y trouva tellement beau qu'il se dit qu'il ne pouvait vivre sans cet homme et se suicida. Les ressemblances avec le Poème sont frappantes : ils font tous les deux mal à une 'ou des) femme(s), , ils font une ballade à cheval où ils rencontrent une incarnation de la beauté dans les deux cas masculine, ils finissent par se suicider et on apprend que l'incarnation n'était en fait qu'eux-mêmes. (Hoel) 


B- DIFFÉRENCES AVEC UN CONTE


 
= Rimbaud ici détourne les éléments habituels du conte : cf les personnages négatifs, le dénouement malheureux, l'immoralité de l'histoire...


- PERSONNAGES
DECALES : Rimbaud pousse à l'extrême l'image d'un Prince qui serait un antihéros de conte, un tyran s'extasiant dans la violence et le luxe. On peut trouver un côté enfantin à ce Prince capricieux à qui personne ne dit jamais non, qui semble en vouloir toujours plus. Lorsqu'il se lasse d'une barbarie, il passe à une autre, comme en témoignent les énumérations d'actes violents de la ligne 6 à 10 et la répétition du verbe « vouloir » aux lignes 3-4. L'ironie rimbaldienne touche aussi la soumission du Peuple gouverné par ce Prince. Tous semblent en adoration devant leur souverain, comme en témoignent les femmes condamnées qui « sous le sabre (...) le bénirent » (6-7) et l'affirmation de la ligne 8 selon laquelle « tous le suivaient ». (Marianne)

- SENS INVERSE : Les contes de fées mettent souvent en scène des princes et princesses, heureux pour la vie, ayant beaucoup d'enfants et vivant de luxe, d'amour et d'ornements. Ici Rimbaud fait le blâme de ce genre de conte : le prince a plusieurs femmes et il semble insatisfait, il les soupçonne de « pouvoir mieux que cette complaisance agrémentée de ciel et de luxe » (2-3). Le Prince finit par assassiner « toutes les femmes qui l'avaient connu » (6), « tous ceux qui le suivaient » (8), il égorge « les bêtes de luxe » (9) et fait « flamber les palais » (9). De la ligne 5 à la ligne 10, le rythme est d'ailleurs saccadé comme si le poème nous faisait ressentir l'essoufflement du prince qui se bat, assassine, brûle. On a presque l'impression qu'il s'agit d'un conte de fées modernisé et purement rimbaldien, un conte de fées qui ne prône pas l'amour fidèle et éternel, mais « l'amour multiple et complexe ». (Marion) 

 


II- L'EXPRESSION DES DÉSIRS DU POETE
 


A- RIMBAUD EXPRIME ICI SA QUÊTE DE NOUVEAUTÉ 
 


= un désir de « changer la vie » qui passe par la destruction des anciennes valeurs, par la violence
  

- DESTRUCTION : Rimbaud veut effacer ce vieux monde qui l'entoure. Il célèbre la violence à travers les mots « égorger » (9), « tuer » (10), « destruction » (11) et « cruauté » (11) et dans son désir de liberté il s'acharne contre le monde et ses richesses, le « luxe » (3), les « bêtes de luxe » (9), les « jardins de la beauté » (6), les « palais » (9). (Anthéa)

A la ligne 8, une allitération en s fait penser au sifflement des balles pendant une guerre. (Morgane)

- IMMORALITÉ : Le goût de Rimbaud pour ce qui est immoral se manifeste. La barbarie semble ici un réel plaisir. Les termes évoquant la destruction, le carnage, (« assassinées », « saccage », « se ruait sur les gens et les taillait en pièces », « destruction », « cruauté ») sont assimilés à ceux évoquant le plaisir, la satisfaction (« s'amusa », « beauté », « s'extasier », « rajeunir »). Les deux champs lexicaux se suivent, s'entremêlent, jusqu'à se confondre. Cela donne lieu à l'oxymore « générosités vulgaires » ou au paradoxe « s'amusait à égorger ». (Marine)

- RÉVOLUTION : Le Génie pourrait être une allégorie de la Révolution, avec la promesse d'un monde juste, et « d'un amour multiple et complexe » (14), qui mourrait alors avec le Prince, et ce dans le but d'un monde meilleur. (Tifenn) 


B- RIMBAUD EXPRIME ICI SA QUÊTE D'AMOUR
 


= « l'amour est à réinventer
 », disait-il, et cela passe par le refus des relations conventionnelles, l'ivresse des sens et la fusion avec l'autre
 


- ESPOIRS :
Au début, le Prince espérait « d'étonnantes révolutions de l'amour » (2), puis l'amour se mêle à la haine comme une alchimie d'amour et de cruauté, comme si l'auteur racontait une déception amoureuse vécue par lui. (Agathe)

- FUSION AMOUREUSE : Le chiasme « le Prince était le Génie, le Génie était le Prince » peut suggérer leur complémentarité et leur amour sans faille, qui fait d'eux en quelque sorte une seule et même personne. ((Tiphaine)

Cette fusion amoureuse est renforcée aux lignes 13-14 par 2 allitérations en N (« génie », « ineffable », « inavouable », « bonheur »...) et M (« physionomie », « maintien », « promesse », « amour », « multiple »...), deux sonorités proches qui se mêlent l'une à l'autre tout comme le Prince et le Génie. (Marine)

- HISTOIRE D'A. QUI FINIT MAL : La fin de l'histoire aux lignes 15-16 pourrait renvoyer au dénouement de la relation entre Rimbaud et Verlaine, au coup de pistolet qui mit fin dans la violence à leur amour. (Paul)

La dernière phrase « La musique savante manque à notre désir » peut faire penser à Verlaine qui prônait la musicalité de la poésie. Cette phrase voudrait donc dire que Verlaine lui manque depuis leur rupture.  (Emmanuelle)  



III- UN POEME SUR LA VOYANCE
 


A- RIMBAUD RACONTE ICI UNE EXPÉRIENCE DE LA VOYANCE
 
 


=
il met en oeuvre cette poésie nouvelle qu'il appelait de ses voeux et dont on retrouve de nombreux éléments caractéristiques
  


- VOIR :
Tout comme le poète Rimbaud, le Génie veut « voir » (ligne 3). (Marine)

A la ligne 3,dans « il voulait voir la vérité », l'allitération en V insiste sur le désir de la voyance. (Yann)

Le champ lexical de la Voyance apparaît avec les mots « vues » (12), « apparut » (13), « prévoyait » (2), « voir » (3), « réapparurent » (7) (Fanny)

- REFUS ET ESPOIR: De surcroît, on retrouve le refus des règles classiques, des traditions, désignées par « l'aberration de piété » 4. Le bonheur de la Voyance est évoqué par « heure du désir et de la satisfaction essentiels. » 3-4. (Paul)

- ILLUMINATION : La lumière est connotée dans « flamber » à la ligne 9 ou dans les « toits d'or » à la ligne 10. (Marc)

- JE EST UN AUTRE : « «On retrouve l'affirmation « Je est un autre », sorte de slogan de la Voyance à travers l'expression : « Le prince était le Génie. Le Génie était le Prince. » (Emmanuelle)

- THEMES CARACTÉRISTIQUES : Parmi les éléments caractéristiques de la Voyance chez Rimbaud, il y a cette idée de mouvement en spirale et de fusion, qui même si elle n'est pas ici celle du feu et de l'eau se réalise par la rencontre du Prince et du Génie. Le Génie peut d'ailleurs faire penser à cet être sortant de sa lampe et laissant derrière lui une spirale de fumée magique et on a l'impression ici de 2 êtres isolés du monde, l'un tournant autour de l'autre afin de trouver l'alchimie parfaite.. Tous les deux vivent d'ailleurs une fusion corporelle, ils deviennent totalement dépendants et ne forment plus qu'un dans le chiasme de la ligne 15, et à l'instant où le coeur de l'un cesse de battre, celui de l'autre aussi. (Yohann) 


B- RIMBAUD MONTRE ICI L'ÉCHEC DE LA VOYANCE
:
 


= la réalité dont on veut s'échapper à chaque fois réapparaît, le Prince des Poètes finit par mourir, le poème s'achève sur l'expression d'une déception
 


- INUTILITE DE L'IMAGINAIRE :
« Aucune des actions du Prince n'est efficace. Chaque fois que ce dernier tente de « changer la vie » comme le voulait Rimbaud, cela redevient comme avant : « les femmes réapparurent » (7), « existaient encore » (10) » (Emmanuelle)

Le Prince a beau tuer, piller, saccager, tout réapparaît immédiatement : « les femmes réaaparurent » 7, « la foule, les toits d'or, les belles bêtes existaient encore » 10, « tous le suivaient » 8. Rimbaud semble dire qu'il en a assez de chercher à créer une poésie nouvelle, chose difficile puisqu'à chaque fois tout ce qu'il produit est effacé par le retour de la réalité. (Marine)

- MUSIQUE PERDUE : Dans la dernière phrase, il regrette la « musique savante », la musique des mots, celle qu'il aime tant , celle à laquelle Verlaine l'avait initié.(Marine)

- RENONCEMENT A LA POESIE : Le Prince mourant, ne serait-ce pas Rimbaud, avec déjà des idées d'abandon de la poésie, de mort littéraire ? (Yohann)

 

 

 

 

Par Première L1
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Vendredi 30 novembre 2007

Promontoire
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     L'aube d'or et la soirée frissonnante trouvent notre brick au large en face de cette villa et de ses dépendances qui forment un promontoire aussi étendu que l'Épire et le Péloponnèse, ou que la grande île du Japon, ou que l'Arabie! Des fanums qu'éclaire la rentrée des théories; d'immenses vues de la défense des côtes modernes; des dunes illustrées de chaudes fleurs et de bacchanales; de grands canaux de Carthage et des embankments d'une Venise louche; de molles éruptions d'Etnas et des crevasses de fleurs et d'eaux. Des glaciers, des lavoirs entourés de peupliers d'Allemagne, des talus de parcs singuliers; et les façades circulaires des "Royal" ou des "Grand" de quelque Brooklin; et leurs railways flanquent, creusent, surplombent les dispositions de cet hôtel, choisies dans l'histoire des plus élégantes et des plus colossales constructions de l'Italie, de l'Amérique et de l'Asie, dont les fenêtres et les terrasses, à présent pleines d'éclairages, de boissons et de brises riches, sont ouvertes à l'esprit des voyageurs et des nobles, qui permettent aux heures du jour, à toutes les tarentelles illustres de l'art de décorer merveilleusement les façades de Palais Promontoire.




Si je devais changer le titre du poème Promontoire ce serait "Palace " car j'ai l'impression que Rimbaud décrit le monde d'une terrasse d'un endroit riche comme d' un hôtel très luxueux. Il évoque d’ailleurs  e mot hotel dans le texte: " les dispositions de cet hôtel ".

Par Hoël
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Vendredi 30 novembre 2007
Rimbaud - Les ponts

 

    Des ciels gris de cristal. Un bizarre dessin de ponts, ceux-ci droits,
    ceux-là bombés, d'autres descendant ou obliquant en angles sur
    les premiers, et ces figures se renouvelant dans les autres circuits éclairés
    du canal, mais tous tellement longs et légers que les rives, chargées
de dômes s'abaissent et s'amoindrissent. Quelques uns de ces ponts sont encore chargés de masures. D'autres soutiennent des mâts, des signaux, de frêles parapets. Des accords mineurs se croisent, et filent, des cordes montent des berges. On distingue une veste rouge, peut-être d'autres costumes et des instruments de musique. Sont-ce des airs populaires, des bouts de concerts seigneuriaux, des restants d'hymnes publics ? L'eau est grise et bleue, large comme un bras de mer. - Un rayon blanc, tombant du haut du ciel, anéantit cette comédie.







Ce poème m'évoque les mots:
tableau,
misère,
froideur,
fanfare,
musique
Par Hoël
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Vendredi 30 novembre 2007
La poésie de Rimbaud c'est un labyrinthe de lettres, de mots, de phrases qui se croisent et s'entre-choquent  ; obscures et incompréhensibles(Rien de péjoratif ici) et dont l'auteur est le seul qui connaisse le chemin qui les illumine.
Par yoann
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Vendredi 30 novembre 2007

Ornières


À droite l'aube d'été éveille les feuilles et les vapeurs et les bruits de ce coin du parc, et les talus de gauche tiennent dans leur ombre violette les mille rapides ornières de la route humide. Défilé de féeries. En effet : des chars chargés d'animaux de bois doré, de mâts et de toiles bariolées, au grand galop de vingt chevaux de cirque tachetés, et les enfants et les hommes sur leurs bêtes les plus étonnantes ; - vingt véhicules, bossés, pavoisés et fleuris comme des carrosses anciens ou de contes, pleins d'enfants attifés pour une pastorale suburbaine. Même des cercueils sous leur dais de nuit dressant les panaches d'ébène, filant au trot des grandes juments bleues et noires






les assonances en "a" et en "o" pourraient évoquer l'admiration de l'enfant Rimbaud face aux fééries qui défilent devant lui.

Par Tiphaine
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Vendredi 30 novembre 2007
Le Dormeur du val

C'est un trou de verdure, où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent; où le soleil, de la montagne fière,
Luit: c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert ou la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme:
Nature, berce-le chaudement: il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine.
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.



Le Domeur du val est mon poème en vers préféré d'Arthur Rimbaud, car je trouve la manière dont il est raconté exelente, grâce notament au choc de la révélation finale. De plus, cet évènement à apparement touché l'auteur.
Par Paul
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Jeudi 29 novembre 2007

LA poésie de Rimbaud est pour moi l'expression des sentiments de la liberté, et c'est d'ailleurs cette liberté qu'on retrouve quasiment toujours dans ses poèmes souvent énigmatiques et à première vue hermétiques. Sur cette image on ne sait pas vraiment si c'est une femme ou la montagne...




http://blogadmin.romandie.com/resserver.php?blogId=3057&resource=paysage%20feerique.GIF

Par Marc
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Jeudi 29 novembre 2007

Nocturne vulgaire

     Un souffle ouvre des brèches opéradiques dans les cloisons, - brouille le pivotement des toits rongés, - disperse les limites des foyers, - éclipse les croisées. Le long de la vigne, m'étant appuyé du pied à une gargouille, - je suis descendu dans ce carrosse dont l'époque est assez indiquée par les glaces convexes, les panneaux bombés et les sophas contournés. Corbillard de mon sommeil, isolé, maison de berger de ma niaiserie, le véhicule vire sur le gazon de la grande route effacée: et dans un défaut en haut de la glace de droite tournaient les blêmes figures lunaires, feuilles, seins; - Un vert et un bleu très foncés envahissent l'image. Dételage aux environs d'une tache de gravier.      - Ici va-t-on siffler pour l'orage, et les Sodomes et les Solymes. Et les bêtes féroces et les armées,
     - (Postillon et bêtes de songe reprendront-ils sous les suffocantes futaies, pour m'enfoncer jusqu'aux yeux dans la source de soie?).
     - Et nous envoyer, fouettés à travers les eaux clapotantes et les boissons répandues rouler sur l'aboi des dogues...
     - Un souffle disperse les limites du foyer.






On peut penser que Rimbaud évoque un rêve: "corbillard de mon sommeil" , "bêtes de songe" . Un vent de créativité emporte le narrateur, qui est peut-être pris de vertiges puisque tout , "vire", "pivote", et "tournoie" .Celui-ci réalise une évasion en carrosse tel que l'on en trouve dans les contes.Mais celui-ci se demande si ce rêve ne vas pas se transformer
en cauchemar.Le conte de fées vire en tragédie et la quête d'évasion tourne au désastre :l'effondrement  s'empare du rêveur.
Par Fanny
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Jeudi 29 novembre 2007
Définition

rimbaud----harrar--1883-.JPG  

La poésie de Rimbaud c'est
une effluve d'image, une richesse de nuaces et une abondance d'interprétations. Enfin, c'est la prospection mais aussi le chemin de la félicité poétique.

Source: http://clpav.fr/poemes-audio/Rimbaud-voyage-ret.jpg
Par Paul
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Jeudi 29 novembre 2007

Le pavillon en viande saignante
___Sur la soie des mers
et des fleurs arctiques ...

debian-copie-2.png

--> Je trouve cette phrase marquante car je n'y vois aucun sens.



http://images.google.fr/imgres?imgurl=http://www.visionfutur.com/

Par Marc
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Jeudi 29 novembre 2007
J'ai décidé d'associer le poème Départ de Rimbaud et un poème de Pablo Neruda . Car les deux poèmes sont des invitations au voyage, à  la découverte de l'inconnu mais aussi la prise de risque. Une ode à la passion pour l'un , pour l'autre une ode à la rupture. Des sentiments complémentaires selon moi.


Départ

 

Assez vu. La vision s'est rencontrée à tous les airs.
Assez eu. Rumeurs des villes, le soir, et au soleil, et toujours.
Assez connu. Les arrêts de la vie.  Ô Rumeurs et Visions
!
Départ dans l'affection et le bruit neufs!




Il meurt lentement

Il meurt lentement
celui qui ne voyage pas,
celui qui ne lit pas,
celui qui n’écoute pas de musique,
celui qui ne sait pas trouver
grâce à ses yeux.

Il meurt lentement
celui qui détruit son amour-propre,
celui qui ne se laisse jamais aider.

Il meurt lentement
celui qui devient esclave de l'habitude
refaisant tous les jours les mêmes chemins,
celui qui ne change jamais de repère,
Ne se risque jamais à changer la couleur
de ses vêtements
Ou qui ne parle jamais à un inconnu

Il meurt lentement
celui qui évite la passion
et son tourbillon d'émotions
celles qui redonnent la lumière dans les yeux
et réparent les coeurs blessés

Il meurt lentement
celui qui ne change pas de cap
lorsqu'il est malheureux
au travail ou en amour,
celui qui ne prend pas de risques
pour réaliser ses rêves,
celui qui, pas une seule fois dans sa vie,
n'a fui les conseils sensés.

Vis maintenant !

Risque-toi aujourd'hui !

Agis tout de suite!

Ne te laisse pas mourir lentement !

Ne te prive pas d'être heureux !
 

Par Hoël
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Jeudi 29 novembre 2007


Matinée d'ivresse


     O mon Bien! O mon Beau! Fanfare atroce où je ne trébuche point! Chevalet féerique! Hourra pour l'oeuvre inouïe et pour le corps merveilleux, pour la première fois! Cela commença sous les rires des enfants, cela finira par eux. Ce poison va rester dans toutes nos veines, même quand, la fanfare tournant, nous serons rendu à l'ancienne inharmonie. O maintenant, nous si digne de ces tortures! Rassemblons fervemment cette promesse surhumaine faite à notre corps et à notre âme créés: cette promesse, cette démence! L'élégance, la science, la violence! On nous a promis d'enterrer dans l'ombre l'arbre du bien et du mal, de déporter les honnêtetés tyranniques, afin que nous amenions notre très pur amour. Cela commença par quelques dégoûts et cela finit, - ne pouvant nous saisir sur-le-champ de cette éternité, - cela finit par une débandade de parfums.
     Rire des enfants, discrétions des esclaves, austérité des vierges, horreur des figures et des objets d'ici
,
sacrés soyez-vous par le souvenir de cette veille. Cela commençait par toute la rustrerie, voici que cela finit par des anges de flamme et de glace.
     Petite veille d'ivresse, sainte! quand ce ne serait que pour le masque dont tu nous as gratifié. Nous t'affirmons, méthode! Nous n'oublions pas que tu as glorifié hier chacun de nos âges. Nous avons foi au poison. Nous savons donner notre vie tout entière tous les jours.
     Voici le temps des ASSASSINS.






Dans ce poème, j'ai relevé  des figures de style qui m'ont paru les plus intéressantes à observer...



On trouve tout d'abord  les oxymores "Fanfare atroce"," Chevalet féerique" et "honnêtetés tyranniques"
Celles-ci relèvent sans doute de l'expérience de la drogue et en particulier lors d'un retour à un état normal, à une "descente" qui s'apparente à une dépression plus ou moins intense...





On peut ensuite apercevoir  l'énumération " Rire des enfants, discrétions des esclaves, austérité des vierges, horreur des figures et des objets d'ici".Rimbaud évoque peut-être d'abord le déréglement des sens pour après passer à une forme d'art, une esthétique particulière.




Enfin, l'antithèse "anges de flamme et de glace" peut faire allusion au paradis artificiel qu'est le monde de la drogue, en mêlant à la fois la sensation de chaud et de froid que l'on peut éprouver par son usage.






Par Fanny
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