Patricia CASTEX-MENIER

Lundi 12 mai 2008




A

 

tous et à tous   (remarquez la disposition…),

 

  à la question du portrait chinois sur la catastrophe naturelle, j’aurais dû vous répondre… « le temps qui passe » !  Je suis en effet bien en en retard pour vous vous faire ce petit signe. Ce n’est pas faute d’avoir pensé à vous, mais la vie quotidienne est une dévoreuse forcenée.


 

J’ai vraiment été très touchée par notre rencontre, votre gentillesse ; impressionnée par vos travaux d’écriture, admirative pour votre curiosité d’esprit.  J’espère modestement avoir pu être à la hauteur, « votre » hauteur. Vous m’avez aussi bien mise sur le grill… surprise, fait découvert bien des aspects de mes textes, et c’est très précieux. Vous m’aidez aussi. Un regard extérieur est toujours important. Savez-vous, par exemple, que je suis en train d’écrire de nouveaux poèmes en me disant : « tiens, celui-ci, si je le dilatais un peu… ».


 

Votre blog est passionnant. Outre les visites à « mes collègues de plume », je vous ai suivis avec enthousiasme dans votre manif. Je crois que la poésie, que vous servez si bien, saura vous le rendre, dans des moments imprévus, intimement, dans la vie.


 

Restons en contact, si vous le voulez bien. Merci encore.

  Et… sans mélanger les genres, bon courage et bonne chance pour le mois de juin qui se profile !

  Patricia.

 



Par Première L1
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Dimanche 4 mai 2008

FABLE PEDAGOGIQUE

 




Au cours de la rencontre
entre Patricia Castex-Menier et les Premières L1 de l'Iroise
s'est produit un événement étonnant :
la poétesse a découvert les textes écrits sur le blog voix-iroise
à partir de son recueil par les lycéens de Brest...




D'abord lors d'une séance de lecture à voix haute :

en présence de l'auteur qui l'avait inspiré,
chaque élève a dit un texte
qu'il avait composé au cours de l'année






Par exemple, ces quelques contractions ou cadavres exquis :


« L’amour serein était une forme bleue » (Agathe P)

« La hargne du soleil, par rencontres légères, a séché dans le vent » (Emmanuelle)

« L’inaudible violon prolonge avec excès la syllabe insuffisante du mot amour » (Tiphaine)

« La nuit court où se faufilent la caresse et l’étincelle » (Yann)

« La beauté du monde tombe comme le chagrin au réveil » (Lola)

« Chaque jour mes morts enferment le goût éteint de l’amour » (Morgane)

« Ceux qui croyaient aux horizons trébuchent comme des violons de fortune » (Marion)

"Les visages ensevelis entendaient le craquement. Inconcevable." (Etienne)

« La terre indifférente éloigne l’ombre décharnée de notre cœur » (Marianne)



et bien d'autres encore






Au cours de la rencontre, Patricia Castex-Menier a pu aussi parcourir
les différentes pages du blog voix-iroise
qui sont consacrées à son recueil :




les observations et interprétations proposées...
(A propos d'un article d'Anthéa : "Les mots que vous avez choisis me font du bien")...



les fulgurations, associations, visions, dilatations, centons, imitations ...


depuis ce haïku de Perrine :

Jardins de novembre,

Promenades à refaire,

Blessure toujours présente.



jusqu'à ce pastiche d'Hoël :

La 
luNe éClaire leUrs Yeux vitReux  
 

 d’Un

pâlE et MorNe raYoN.  
 

MOqUeuSe

dE leUr TrisTe silEnce  
 

tRoUblé 
paR leS doUlouReux soUpirs dE l’EnseVelie.

 

 


 


Patricia Castex-Menier a aussi pu apprécier
des poèmes librement composés par les élèves de la classe : 
par YohannMarine D, Céline Agathe B, etc    

Elle a pu exprimer à leur sujet ses impressions de lecture
et parfois proposer des conseils d'écriture...






Quelques propos
 glanés au fil de ces échanges :

"J'aime l'écriture fragmentaire,
parce que j'ai peur d'en dire trop, peur d'être trop bavarde, peur de la fioriture..."

"Il faut se méfier des adjectifs qualificatifs..."

"Il ne faut pas avoir peur de la répétition !"

"La poésie c'est d'abord un texte,
c'est une écriture qui joue avec les sons, les sensations et les sentiments."  

"Il faut être persuadé que l'écriture est d'abord un travail. Il ne suffit pas d'être dans un élan, dans de la ferveur ou de l'exaltation. C'est difficile, c'est long, cela se fait à coups de ratures, de déplacements, de choix de mots et de mises en page..."

"Il ne faut pas avoir peur d'imiter d'autres poètes !





"Quelle chose par là nous peut être enseignée?"

(La Fontaine, Le lion et le moucheron)

Et si les écrivains n'étaient pas seulement ceux que l'on croit ?
Et si les lycéens n'étaient pas condamnés à commenter à perpétuité ?
Et si on inversait les rôles ?...
...

 

 

 

 

Par Hoel - Romain - MLB
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Samedi 3 mai 2008


L'INTERVIEW










- Dans votre recueil, "l'ensevelie" est désignée par plein de noms (cf article de Yann) : pourquoi ?

Ce sont des adjectifs employée comme substantifs. L'ensevelie, c'est celle qui est censée me parler. Dès lors, qu'est-ce qui arrive quand on reste dans une tombe ? Les différents mots correspondent à ce qui arrive au corps de mon ensevelie ! Mais c'est aussi pour ne pas avoir le même refrain. Pour moi l'ensevelie et ses synonymes sont très concrets, c'est le démembrement du corps dans la tombe...

- Qu'est-ce que la poésie pour vous (cf article de Fanny, article d'Aziliz, article d'Anthéa) ?

Déja pour moi je dis l'écriture, car l'écriture poétique c'est juste trouver le mot juste. Et la justesse vient souvent des sonorités : la poésie est là, dans la chair des mots, dans le corps des mots. On choisit un mot parce qu'il est savoureux.


- Vos poèmes sont-ils plutôt visuels (cf article de Perrine, article de Marc, article de Céline, article de Marine, article d'Hoel) ou plutôt musicaux (cf article d'Emmanuelle, article d'Agathe) ?

Les deux, mais ce qui compte le plus c'est la musicalité. Je fonctionne par image aussi bien sûr comme par exemple lorsque j'écris que "l'amour est de forme ronde ". Je fonctionne surtout par association d'idées.


- Ecoutez-vous de la musique en écrivant ?

J'aime beaucoup la musique, mais je n'en écoute jamais en écrivant : il faut le silence absolu !


- Ecrivez-vous dans des endroit spécifiques ?

Je suis un peu maniaque, j'aime bien être au même endroit, dans le silence de mon bureau, même s'il peut m'arriver de griffonner quelque chose ailleurs.





- Est-ce que l'on peut vraiment analyser la poésie (cf article d'Emmanuelle, article de Tifenn)?

Je pense que oui : dès l'instant qu'on n'a plus la vieille idée que la poésie tombe comme ça, dès qu'on considère que la poésie naît d'un vrai travail et pas seulement de l'inspiration. Mais il y a aussi une part que l'on ne peut pas vraiment analyser, quelque chose qui échappera toujours à la lecture analytique. D'ailleurs si on ne fait que dépiauter techniquement, on passera à côté de quelque chose... D'ailleurs aussi, pour analyser un poème il faut qu'il fasse plus de 5 lignes : comment faire le "commentaire composé" d'un haïku ?!...

- Qu'est-ce que vous pensez de la mort (cf article de Marine , article de Lola, article de Morgane)?

J'écris en fonction d'expériences que j'ai vécues. Mais ce qui est intéressant c'est de parler d'expériences que tout le monde peut connaître. Donc je ne pense rien de la mort. Mais j'ai été confrontée à celle des autres, il se trouve que j'ai perdu quelqu'un qui m'était très cher et j'avais besoin d'écrire là-dessus.

- C'est une façon pour vous de vous libérer de l'angoisse de la mort (cf article d'Agathe) ?

Je n'ai pas vraiment d'angoisse de la mort. Mais j'avais besoin de faire le deuil : d'apprivoiser l'idée que la personne n'est plus là.

- Ca ne vous fait pas une drôle d'impression de vous relire ?

Je n'ai appris qu'il y a 2-3 jours que le livre que vous aviez lu était Ce que me dit l'ensevelie. J'ai dû relire ce livre que j'avais écrit en 2001... Ca fait un drôle d'effet. Certaines pages, j'en suis toujours contente. Pour d'autres, je me disais : mais c'est moi qui ai écrit ça ?!  On oublie au fur et à mesure ce qu'on écrit. D'ailleurs, il y a un mot sur lequel je suis tombé et je ne me souviens plus de ce qu'il veut dire ! Sans doute un mot que j'avais choisi parce qu'il me plaisait...




- La relecture vous a-t-elle replongé dans l'événement ?

Dans ce livre de poèmes, les textes verticaux font part de mon expérience personnelle : de " mes morts ", surtout ma grand-mère qui m'a élevée. Alors que les textes horizontaux, écrits en italiques, parlent des morts de par le monde. Et bien, quand j'ai relu le livre, certains m'on serré la gorge et c'étaient ceux en italiques ! Notamment un texte sur les massacres au Rwanda. (cf aussi article de Marianne, article de Paul)

- Quelles ont été vos influences littéraires ?

Au collège, j'ai commencé à écrire en imitant Lamartine (cf article d'Emmanuelle et Marianne). Mais mes influences sont très diverses. Je n'ai pas d'auteur particulier. Ca dépend des moments de la vie.

- Pourquoi n'aimez-vous pas le terme recueil ?

Pour moi, un recueil veut dire rassembler plein de poèmes qui n'ont pas de rapport, alors qu'un livre c'est construit. Un livre de poésie, ce n'est pas un recueil de poèmes de même qu'un roman, ce n'est pas un recueil de chapitres ! Le mot recueil ne me semblae adapté que s'il renvoie au mot recueillement...

- Vous voudriez écrire des romans (cf article de Romain) ?

J'aimerais bien mais ma forme naturelle d'expression, c'est la poésie. J'ai écrit un jour un roman, un récit en prose, mais on m'a dit que c'était de la prose poétique !

- A quoi sert le rejet que l'on peut observer au début de chacun de vos poèmes (cf article de Tifenn, article d'Etienne) ?

J'ai tout le temps écrit comme ça. Un critique m'a récemment reproché ce qu'il considérait comme un tic, une manie artificielle, mais je ne peux pas faire autrement ! Quand un pianiste joue au piano, il y a une première attaque, une première note qui lance le morceau. Et bien, c'est pareil pour moi : j'écris un mot et je vais à la ligne.  C'est mon tremplin et je n'arrive pas à m'en passer...



 
A SUIVRE...
Par Hoël - Romain
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Vendredi 2 mai 2008
Le mardi 29 avril, à la Médiathèque Saint-Marc,
les Premières L1 de l'Iroise
ont rencontré Patricia Castex-Menier,
auteur du recueil
Ce que me dit l'ensevelie










LE PORTRAIT CHINOIS

PATRICIA CASTEX-MENIER, SI VOUS ETIEZ...

















UNE PHRASE DE VOTRE RECUEIL ?

"De forme ronde"






                                                                                                     
Source-image


UNE CROYANCE ?

Impossible !

UNE COULEUR ?

Toutes les couleurs ! En choisir une, c'est être raciste...

UNE VALEUR ?

L'humanité.

UNE CAUSE DE DECES ?

L'ennui...

UN MATERIAU ?

Le sable.



 


UN SENTIMENT ?

L'enthousiasme.

UNE SYMPHONIE ?

La dernière...



UNE FLEUR ?

Une paquerette.

UN POETE ?

Baudelaire.



UN PAYSAGE ?

La mer : la rade de Brest...



UNE MUSIQUE ?

La première note d'attaque d'un morceau au piano.

UNE EPITAPHE ?

Je ne sais pas.


UN MOT ?

Le l' = le L apostrophe...



                   Source


UNE CATASTROPHE NATURELLE ?

C'est déjà fait !

UN ASTRE ?

Une star...

UN LIEU ?

Un sentier, un chemin creux.

UN ROMAN ?

Je n'en aurais jamais fini.

UN AUTRE LIVRE ?

L'annuaire de téléphone, c'est reposant.

UN INSTRUMENT DE TORTURE ?

J'écrirais !

UNE PEINTURE ?

Une peinture abstraite, avec beaucoup de couleur.







































A SUIVRE...
Par Hoel - Romain
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Mardi 29 avril 2008



Les Premières L1 de l'Iroise
remercient Patricia Castex-Menier

pour la bienveillance avec laquelle
elle a répondu à toutes leurs questions,

 pour la chaleureuse attention
qu'elle a accordée à leur travail,

pour les encouragements et les conseils
qu'elle a pu prodiguer.





A venir bientôt
sur le blog voix-iroise
le compte rendu de la rencontre
en textes et en images...




Par Première L1
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Dimanche 6 avril 2008
La
face à contempler

habite
les forêts, je l'ai placée à ma façon,

un
sourire sur le tympan de la colline ;

énigme
suffisante à la beauté du monde,

et
qu'elle néglige de révéler.



 

J'aime ce poème pour sa légèreté.Le thème du recueil étant la mort (ou le rapport à la mort) ce poème se dégage des autres, qui sont plus sombres, mélancoliques.La chute est tout à fait superbe, elle donne un  ton mystérieux au poème.
Ce poème est un peu plus positif que les autres, il n'est pas très représentatif du recueil, même si l'on retrouve la même musicalité, le même rythme dans la plupart des poèmes.Rythme introduit grâce à la mise en forme originale des poèmes.
Par Agathe P
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Dimanche 6 avril 2008
Sommeil
à deux tout de chemins ouverts,

allées
faciles dans la forêt d'ici,

qu'on
aimerait tracer pour eux

entre
les fûts serrés de leur détresse





repos                                  voyage                        impuissance
                       
                         irréel                                regret
                        
Par Agathe P
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Dimanche 6 avril 2008

            


                      Un sourire enfoui cache la lueur de l'anonyme.

Par Agathe P
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Dimanche 6 avril 2008
                           


                          


                             L'amour serein était une forme
bleue
Par Agathe P
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Dimanche 6 avril 2008

S'il ne fallait retenir qu'une seule phrase du recueil, ce serait...


" Les mots de l'ordinaire enferment ceux qui nous manquent "

Par Agathe P
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Lundi 24 mars 2008
p69.


OOO   OOO   OOO

C'est
à leur part perdue

que
nous devons l'accueil des vergers,

les
joies éparses au bout des br
anches :

qu'ils
se défassent nous apaisent enfin,

le
deuil émerveillé s'ouvrant
comme des pétales.


OOO   OOO   OOO


adam-eve5.jpg

→    Ce poème me fait penser au paradis
vu selon la religion Chrétienne,          
notamment avec les références            
aux arbres "l'accueil des vergers",
"joies éparses au bout des branches"
qui font penser à l'histoire                 
d'Adam et Eve.          



© image               
Par Perrine
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Dimanche 23 mars 2008
p38


Songer
alors à
leur visage d'avant le masque,

sourire
gagnant sur la cire trop lisse :

se
dégager ainsi des
mauvais rêves

par
petits
plis modelés aux commisures,

et

pattes d'oie redessinées vers chaque tempe.


2421.jpg
Par Perrine
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