Vendredi 14 mars 2008
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Parce que la liberté est un des nombreux noms de la poésie et que celle-ci doit retrouver sa place au coeur de la cité, les Premières L1 du Lycée de l'Iroise ont, comme ils l'avaient annoncé,
manifesté aujourd'hui à Brest Place de la Liberté.
La manifestation a été un grand succès. Une réussite par l'affluence d'abord, même si comme souvent les chiffres varient : 24 000 manifestants selon
Victor Hugo, qui a toujours tendance à exagérer, 1 manifestant selon Stéphane Mallarmé, comme d'habitude fasciné par l'absence...
Une réussite surtout par la qualité des voix qui à travers les lycéens de l'Iroise ont retenti cet après-midi sur le pavé brestois : Arthur Rimbaud, Paul Verlaine, Paul Eluard, André Breton, René
Char, Michel Leiris, Henri Michaux, Yves Bonnefoy, Edmond Jabès, Jean-Pierre Siméon, Jean-Michel Espitallier, Patricia Castex-Menier, Yohann, Marine, Yann, Agathe......
La manifestation se voulait d'abord une célébration festive de la poésie : « Le roman est foutu, la poésie est dans la rue », ont clamé les
lycéens. Pour rappeler avec humour que la poésie ne se réduit pas à des jeux de versification, ils ont chanté sur un air connu : « Boileau, si tu savais, tes règles, tes règles... Boileau,
si tu savais, tes règles, ce qu'on en fait.... Non ! Non ! Non à la versification ! »
Il s'agissait aussi de proclamer une fidélité à Rimbaud, au poète-adolescent qui il y a plus d'un siècle tenta par la poésie de « changer la vie » : une banderole rappelait combien
« la musique savante manque à notre désir » et les manifestants ont plusieurs fois crié que « l'amour est à réinventer ».
Les lycéens ont déambulé autour des fontaines de la Place (« Crachez, crachez des pluies de rose », ont-ils alors demandé) et de celles de la rue de Siam (« Nos pas font gicler la
soif », ont-ils martelé).
A travers de nombreux slogans qui ont fusé à la plus grande surprise des passants, ils ont voulu affirmer le droit à l'imaginaire (« Rêvons : c'est l'heure ! »), l'exigence du
bonheur (« De la douceur, de la douceur, de la douceur ! ») ou encore la quête sans cesse renouvelée d'une identité (« Nous cherchons un être à envahir ! »).
Nul doute que cette « performance » aura permis à chacun d'enrichir son rapport au monde et aux mots. Sur la banderole principale, on pouvait ainsi lire l'invitation suivante de
Jean-Pierre Siméon : « Avançons, nous n'avons rien perdu de ce qui nous fait grandir »...
A voir : les premières photos du rassemblement
A venir prochainement : d'autres images et un film...
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